Les alpes australiennes

Au programme du jour: les alpes australiennes, la capitale Canberra, mais aussi mon retour d’expérience d’un point de vue kinésithérapeute au sujet des entrejambes malmenés par l’assise du vélo.

Les alpes, maison des kangourous.

Que l’on s’entende, peu de ressemblances existent avec les massif des Écrins ou du Mont-blanc, symbole par excellence de nos spectaculaires alpes. Le massif Chablaisien de mon enfance me semble abrupte par rapport aux sommets australiens culminant à une altitude similaire de 2200m. Ici, les montagnes sont en rondeurs, douces et sauvages, peuplées de touffus moutons, hordes de kangourous et perroquets multicolores. Elles ont comme un air de Nouvelle-zélande, pays que je visitais en 2016 dont les souvenirs me reviennent à la vue de ces paysages préservés. Seuls les eucalyptus, rois des forêts australiennes contrastent avec le pays des Maoris.

Le gang de Geehi flat.

À vélo, tout se mérite ici et je grignote à la force des jambes mon avancé vers Melbourne en serpentant au travers des parcs nationaux de Boderee, Jerrawangala, Namadji, Kosciuzko.
Le soir venu, les muscles se détendent cependant dans la fraicheur des rivières et les nuits sont passées dans les refuges de montagne ou sous la tente perdue au creux des vallées. Le panard absolu !

Blottis au creux d’un rocher de Tianjarra.
Refuge du soir, bonsoir. Une mission pour rejoindre la route du lendemain.

Loin de moi l’idée de vous laisser croire que voyager sur un vélo dans ces contrées montagneuses est chose aisé. La débauche d’énergie, sur certains itinéraires hors des routes asphaltées, est telle que j’ai l’impression d’ouvrir les vannes d’un barrage remplis de calories.
Mon record de lenteur pour sortir du refuge « Brandy flat hut » cumule 4 km en 1h30, à notamment pousser la bécane et son poids mort sur une piste forèstiere ultra-raide. Une moyenne de vainqueur.
C’est le prix à payer afin d’accéder aux endroits sympas hors des sentiers battus. Après un effort, il y a souvent un réconfort.

Cascade Tianjarra. Une perle surtout lorsqu’il fait 40 Cº.
Au col du cheval mort pour sortir de Thredbo. Ça pique un peu.

Trimbaler un parapente sur le porte-bagage, m’oblige à forcer légèrement plus dans les cols, de « dead horse gap » notamment. Par contre, lorsque cet avion de poche me porte dans le ciel des heures durant, je rigole de ceux qui me prennent pour un illuminé. Je trouve ce pied de nez jouissif. À chaque vol c’est comme une revanche face à la mentalité « bikepacking » et cyclisme en général qui tente de faire culpabiliser pour chaque kilos superflus.
Ceux-là même, cachent dans leurs sacoches des ordinateurs portables, des caméras et des drones pour voyager. Je n’ai rien contre tout ça, mais un téléphone portable pour prendre les photos me suffit largement.
Chacun a ses plaisirs, sa manière de vivre et  de voyager, basta.

Site de parapente du lac George. Conditions à peine correctes pour faire un mini vol, dit « plouf ».
Au décollage de Corryong avec les copains Punks et leurs deltaplanes.
Vol de 1h30 à Corryong depuis le mont Elliot. Le pied !
Les fermiers de Corryong sont des artistes.

Canberra

Cette ville surnommée la « bush capital », m’a franchement surpris par son calme atypique. Je n’ai jamais vu une capitale aussi peu chaotique. Des pistes cyclables dans tous les sens, des parcs et de la verdure partout sont le quotidien des 395.000 habitants.
Sydney et Melbourne se sont longtemps disputées le titre de capitale. Afin de trancher, Canberra fut planifiée et érigée quasiment à mi-chemin entre les deux jalouses. Ainsi, les institutions nationales trônent fiérement au milieu des différents jardins et parcs de cette ville ultra-moderne.

Devant le vaisseau spatial du parlement australien. Canberra.

Cela me remémore le Nicaragua. Selon le même principe, Managua fut déclarée capitale afin de calmer cette querelle insolvable entre les villes historiques de Léon au nord et Granada au Sud. La dispute  pour le titre de ville la plus importante d’un pays fait souvent rage. La Bolivie n’échappe pas à la tradition, entre sa magnifique Sucre et La Paz symbole chaotique d’une capitale latino. En me baladant à Canberra je repense à ce voyage de 2017 en Bolivie et au Pérou où les capitales sont explosives, bordéliques à souhait et à l’extrême opposé de celle australienne. Le monde est passionnant de diversité.

Point technique concernant l’assise sur un vélo.

De mes quelques rencontres avec des compères cyclo-voyageurs ressort souvent la même problématique de perinées endoloris par l’assise. Voici mon point de vue de kinésithérapeute à ce sujet:

Selle en cuir, en gel, en carbone, sur amortisseur, évidé, incliné, sans bec; bref,  les rengaines des marchands de vélo vont bon train pour vendre. Un des seul élément valable qu’ils oublient souvent de vous transmettre est qu’une selle se choisit en mesurant d’abord la largeur entre les deux ischions de votre bassin. Ce sont les os que l’on sent en profondeur sous les grands fessiers. Une partie du poids de corps doit reposer sur ces deux os et non pas sur vos parties molles, musculaires et nerveuses de votre cher et tendre périnée. Cette partie ne mesure pas non plus, un centimètre de large comme le laisse penser certains évidement dit « anatomique » des produits haut-de gamme.
Le perinée est composé de muscles, de nerfs, de vaisseaux sanguins qui, lorsqu’ils sont comprimés de manière prolongée finissent par devenir douloureux. Je pense notamment aux névralgies pudendales persistantes, aux origines parfois multiples.

Assez simple tout de même à comprendre, mais non les vélocistes vendent des selles à 150 euros, étroites comme pas possible pour potentiellement buriner les entrejambes. Leur argument est la réduction de poids du matériel… Passons.

Pour la mesure, asseyez-vous sur une mousse à mémoire de forme ou de la pâte à modeler afin que les ischions laissent une empreinte. Le décimètre s’occupe du reste.

Si vous avez 15cm entre vos deux ischions, nullement la peine d’acheter la dernière selle super stylée mesurant seulement 10 cm de largeur. Je peux mettre une pièce sur le fait que ça va probablement faire mal un jour ou l’autre.
La largeur de selle doit être supérieure à celle mesurée entre vos ischions.

N’oublions pas qu’un type de selle, même d’excellente qualité, n’est pas confortable pour tout le monde. Dans le milieu du voyage certains ne jurent que par la Brooks, qui est également mon choix, mais cette robuste selle en cuir peut ne pas convenir.

Depuis que j’ai agrandi très largement l’évidement de ma selle au départ du voyage australien, je note une très nette amélioration du confort et de la ventilation.
L’avantage du cuir est de pouvoir faire des trous au couteau dans sa selle. Tout va bien !

Amélioration au couteau de ma Brooks B17 imperial, modèle feminin. Désormais, c’est le modèle ventilation suprême.

De plus, l’impact de votre posture sur la monture est capitale. Une selle qui vous est confortable s’associe à une position qui vous convient. L’un peut difficilement aller sans l’autre.
Énormément de réglages sont possibles pour trouver cet équilibre de force entre les trois points d’appuis qui sont au niveau du bassin, des mains sur le guidon et des pieds sur les pédales.
On se focalise souvent sur le bassin et son assise, mais avoir une répartition homogène du poids de corps sur ces trois parties est essentiel pour limiter les douleurs. Les réglages de potence et du guidon / la taille et la géométrie du cadre / la hauteur, le recul, l’inclinaison de selle/ la longueur des manivelles/ les cales autos ou pas, sont autant de pistes à investiguer dans votre propre recherche du confort.

Bisous à toutes et tous, au quatre coins du monde.

Steve

Publié par Un Tour d'Aile

Tour du monde à vélo, voilier-stop et parapente.

17 commentaires sur « Les alpes australiennes »

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