Arrivée aux exceptionnelles îles Marquises

Nuku-hiva en vue.

Voilà ! La plus longue navigation de notre tour du monde est dans le rétro. Quelles émotions ! Cette expérience en mer est une des plus belles que nous ayons vécue et beaucoup plus intéressante que la transatlantique.

Depuis La Paz, Mexico, nous avons navigué 3400 miles nautiques (~6200 km) dont 26 jours de navigations, 4 jours au mouillage à l’île perdue de San-Benedicto et 2 jours à faire des ronds dans l’eau pendant la pétole. La bonne ambiance à bord aura contribuée en grande partie au bon fonctionnement de notre trio, non seulement pour les manoeuvres, les quarts, les réparations mais aussi pour vivre ensemble dans un petit espace. Hopalong aura bien « marché » avec 4 journées à plus de 160 miles sur 24h. Les deux mâts renforcés à leur base n’auront pas fait d’histoire.

C’est la pétole. À la recherche de la moindre risée à l’horizon.
Ça ferle le ris dans la trinquette.
La vie sans chaussure.

Difficile de résumer en quelques lignes une telle épopée. Certains instants, certaines lumières et couleurs, resteront gravées dans notre mémoire pour toujours.

L’île volcanique de San-benedicto. Mexico
La plus belle douche du monde. Mouillage à l’île San benedicto.
Les ciels du pot-au-noir.

À commencer par l’instant surréaliste de l’apparition d’un hélicoptère façon James Bond avec une approche directe puis les pâles à 15 mètres des mâts, le tout au milieu de nul part. Sans nos photos, personne ne pourrait croire à une telle surprise, à plus de 1500 miles des côtes. Nous qui pensions qu’aucun secours n’intervient si loin. Vu la foule dans le pot-au-noir, on comprend qu’ils cherchent de la compagnie. Trois jours durant, ce petit engin rouge nous a salué, envoyé des pouces en l’air et encouragé en volant autour d’Hopalong.

À ce moment hopalong navigue à 5 noeuds, l’hélico mexicain est en marche arrière.

La troisième apparition fût un peu plus apocalyptique entre des trombes d’eau, de grosses vagues et le bruit assourdissant de l’hélico presque à portée de bras. Alors que la météo orageuse s’excitait gentiment sur notre sort, un bateau de sauvetage Mexicain apparait à bâbord. Nous filons dans les rafales de 35 noeuds et l’hélico nous tourne autour puis se pose sur le navire à une dizaine de vagues de distance. Par un appel improbable à la VHF, le pilote nous témoigne son soutien, nous les remercions. Dans une attitude typiquement Mexicaine, ils nous répondent « estamos pediente, que Dios le cuida », c’est-à-dire, nous veillons sur vous et que Dieu vous protège. Encore une dernière fois nous auront l’expérience des qualités humaines exceptionnelles du peuple mexicain que l’on quittait il y a peu.

Dehors ça cogne sous un grain. Sand vérifie sereinement le pilote auto.
Réglage du pilote mécanique qui a barré le bateau sans énergie électrique des jours durant.

La vie marine nous aura également bluffée. Les raies sauteuses de l’île Jacques Cousteau, les requins au mouillage de San-Benedicto, la raie manta géante frôlant la coque, la pluie d’exocètes ou bien « les boobies » ces oiseaux équilibristes se reposant sur les filières du voilier, ont ravis nos journées. Le simple fait de savoir que nos visiteurs Albatros peuvent voler 3000 km loin de leur nid pour nourrir leur progéniture, nous laisse admiratif. Nous en serions bien incapable.

Les raies sauteuses.
La compagnie quotidienne.
Un boobie, au repos sur Hopalong.

Le passage symbolique de l’équateur aura été dignement fêté à 8h39 du matin par un bon coup de rouge et une grosse pile de crêpes dont certaines ont volées par-dessus bord pour Neptune. Sans aucune superstition, ce point de passage est un prétexte pour remercier l’océan d’avoir épargné nos carcasses de ses plus grosses colères.

La cerise sur le gâteau est l’arrivée par la mer dans ces îles isolées du pacifique. Au petit matin du 4 mai, Nuku-hiva se dégage de l’horizon orangé. L’euphorie à bord ne cesse de grimper. Nous buvons le vert des falaises, couleur qui n’existait plus depuis un mois. Le mouillage de Taiohae nous accueille dans sa tranquillité, qui semble éternelle, pour un repos bien mérité après un mois de ballotage et des nuits sans cesse entrecoupées.

La beauté sauvage de Nuku-hiva.

Le cirque volcanique verdoyant qui nous entoure est à couper le souffle, les lumières sont précieuses et ajoutent ce petit côté mystique à la verticalité. La découverte de l’archipel des Marquises a commencé et déjà nous sommes subjugué par la gentillesse légendaire des Marquisiens. Sandrine se fait adopter par les locaux dès qu’elle prononce quelques mots en Marsquisien.
To oè hakatu?( Comment vas-tu?).

Hiapo une Marquisienne rencontrée à Nuku-hiva.
Avec Simon de Taipivai. Merci pour le régime de banane.

L’aventure sur Hopalong continuera vers Hiva Oa, Fatu Hiva, puis cap sur l’archipel des Tuamotus.

Site archéologique Koueva. Nuku-hiva.

Publié par Un Tour d'Aile

Tour du monde à vélo, voilier-stop et parapente.

4 commentaires sur « Arrivée aux exceptionnelles îles Marquises »

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