Rouler à en devenir des robots.

Arrivée à Mazatlán, heureux mais bien fatigués. État de Sinaloa.

Trois semaines et 1600 kms auront défilés sous nos roues depuis la reprise.
Une seule idée en tête, rouler, encore et encore jusqu’au Pacifique.
L’envie de naviguer est forte et à vrai dire nous voulons en finir avec l’Amérique latine. Déjà 8000 km que nous roulons sur ses routes.

De nouveau sur la côte Pacifique, la dernière fois c’était au Salvador. État de Nayarit.

Les paysages évoluent au fil des jours et le corps se réhabitue à l’effort. Il n’a aucune autre issue de toute façon. À 20 km/h, nos pédales battent la mesure. La lenteur, les cactus arborescents laissant apparaître la douceur des agaves ou des manguiers, nous correspond. Cette lenteur est parfois agréable, parfois pesante.

Les agaves, payasages typiques du centre du pays. État de Jalisco.

Les premiers 1400 km montagneux oscillent entre 2200 et 2700 m d’altitudes. Paradoxalement, ce sont les 200 derniers, d’une ennuyeuse platitude, qui nous auront fait le plus mal aux jambes.

Le lac de Santa-Maria del oro. État de Nayarit

Après une belle journée au delà des cent kilomètres, à une dizaine restants avant le bivouac de Mazatlán, Sandrine me lance: « Au bout d’un moment, les jambes tournent toutes seules ».

Nous atteignons Mazatlán le 22 janvier. Pour célébrer cette traversée, rien de tel qu’un saut dans le Pacifique, un bivouac réconfortant après un bon poisson et un ceviche sur la plage de l’Isla del piedra.

La plage de l’isla del piedra au reveil. État de Sinaloa
Depuis notre bivouac de l’isla del piedra au coucher de soleil. Sinaloa
La vue sympa depuis la tente. État de Sinaloa.

L’île de la Pierre est plutôt une presque-île et son caillou trône fièrement à son extrémité sud. La brise de mer parfaitement orientée glisse sur ses falaises et nous laisse esperer de jolies cabrioles avec nos parapentes. Malheureusement, le lendemain, les tentatives de décollages sont vaines. La petite plateforme en guise de départ est trop plate et la falaise crée un vilain retour de vent arrière qui empêche le gonflage de la voile. Dommage les conditions étaient pourtant parfaites. On en profite tout de même pour aérer les voiles.

La Base!! Mazatlán
On s’amuse comme on peut.
À Patzcuaro la finalité était plus joyeuse pour Sandrine. État de Michoacán.

Les états de Tabasco, Chiapas, Veracruz, Puebla, Morelos, Mexico, Michocán, Jalisco, Nayarit et le sud de Sinaloa sont traversés sur les 32 que comptent le Mexique.
Et pourtant, si petit fut notre horizon en comparaison de ce que le Mexique peut offrir. Ce pays est si grand, si diversifié, qu’il serait déplacé de penser que nous le connaissons. Chaque état posséde ses propres lois, ses coutumes, sa nourriture et ses expressions.

Bien que les Tacos, les Micheladas et les expressions positives du style: « wei », »pues », »andale », »carnal », »chido », »padre » soient une constante, chaque état a ses particularités.
Le plus marrant est qu’il existe une taquinerie entre eux. À Puebla on se moque des habitants du D.F (la capitale) par l’expression dépréciative « los chilangos ». En réponse les « Mexiquenses » de Mexico city, rigolent narquoisement de l’accent patate chaude des Poblanos et de leur fameux « Carnal » utilisé entre amis.

Ultra classique dans les restaurants. Chips de Maïs et sauces plus ou moins pimentées.

Le piment à dose raisonnable, aurait de nombreuses propriétés antioxydantes, antibacteriennes, antinflammatoire et antidouleurs.
Il est classique qu’après un plat bien pimenté tu ne sentes plus rien, même pas la douleur. La bouche est anesthésiée, et la suite du tube digestif reçoit le même sort.
Heureusement, la cuisine locale ne se résume pas qu’au piment et de nombreux plats sans piquant remplissent régulièrement nos estomacs affamés de sportifs. Citons les Tortas, Quessadilas, Enchiladas, Molle, Tacos, Ceviches, Guacamoles, Tamales, Tortillas, Bujitos entre autres.

Attention chaud devant!

Le Mexique c’est aussi sa boisson Tequila, éponyme du village de l’état de Jalisco.
Alcool apparemment très apprécié étant donné la fréquentation du village.
Quant à nous, cette boisson n’est vraiment pas notre tasse de thé. À partir d’une certaine heure les démarches deviennent folkloriques. C’est calés dans un coin de la place principale que nous rigolons désabusés de cette viande saoule. Nous goûtons également un autre alcool à base d’agaves, le Mezcal. Plus fort, fruité et plus agréable que la Tequila.

Paysages agaveros de la région de Tequila. Classés patrimoine mondiale de l’humanité. État de Jalisco.

Nous aurons passés 6 nuits en tentes dont deux chez les pompiers et une au poste de police, non pas pour excès de Tequila, mais pour reposer nos carcasses.
Quatre nuits chez l’habitant, dont deux chez Sophie à Tepoztlan, une chez Claudio à Toluca et une chez Marco à Zamora. 🙏

Cathédrale de Zamora. État de jalisco

Une nuit chez des moines Ananda Madhumaya à Xochicalco, qui fût une des plus belles expériences de ces 8 mois de routes. Ce lieu spécial au pied du site archéologique de Xochicalco, est également un centre de retraite et de yoga. Le moine principal, Dada (frère) Krpasundarananda, nous a accueilli si généreusement. La petite communauté est composé de Dada Gananathananda (Taïwan), Dada Viitashokananda (USA/Allemagne) et Didi (soeur) Ananda Mamata (Suisse) et Didi Ananda Shanta (Phillipines).
Nous aurons notamment experimenté chez eux la danse-chantée méditative, Baba Naam Kevalam. Trés énergisante.

Le centre de retraite et de Yoga.
Site Archéologique de Xochicalco. État de Morelos.
Xochicalco. État de Morelos.

Un chaleureux merci à celles et ceux qui nous accueillent, vous participez d’une belle manière à notre voyage. Nous en sommes très reconnaissant.

Et 8 nuits dans des auberges, hospedaje et hôtels plus ou moins miteux, lorsque nous ne trouvons rien de mieux.

Désormais, notre temps est réservé à la préparation de la trans-Pacifique.
Le rendez-vous est pris avec Liz et Andrew, capitaine du voilier Hopalong, pour naviguer un certain temps dans la mer de Cortés en guise de test avant le grand saut dans le Pacifique.
Nous voulons apprendre à nous connaitre, prendre nos marques sur son voilier et surtout partager du temps ensemble sur l’eau.
L’expérience nous aura appris que la précipitation dans ce domaine n’est pas de bonne compagnie.
On vous raconte ça bientôt.

Publié par Un Tour d'Aile

Tour du monde à vélo, voilier-stop et parapente.

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