Volontariat à Maya Pédal.

Dans une Amérique latine où les problématiques climatiques sont loin d’être une priorité, même sont totalement absentes des esprits, certains Guatémaltèques en ont décidé autrement. Nous avons eu la chance de travailler pendant quelques jours chez Maya Pedal et d’apprendre énormément à leurs côtés. Une histoire inspirante qui mérite d’être partagée.

Apprentissage de la soudure.

Pour rejoindre Maya Pedal, nous quittons Antigua et ses forêts de pins. Nous entrons dans les hautes plaines de cultures des « trois-soeurs » ou autrement appelée milpa : haricot, maïs, courge. Les haricots courtisent le maïs en lui apportant l’azote nécessaire et les courges protègent leurs racines.

La Milpa.

Même à vélo le changement est brutal, les hommes et les femmes de tous âges sont aux champs. Nous n’osons nous plaindre quand on croise ces hommes qui possèdent trois fois notre âge, portant en lanière frontale un sac de maïs d’au moins leur propre poids.

Entre ces terres agricoles, nous visons San Andres Itzapa. C’est dans cette ville chaotique à l’extrême opposé des critères touristiques, qu’une communauté Maya travaille afin de proposer des solutions résilientes et économiques aux plus grands nombres.

On se demandait bien pourquoi une telle initiative a germé ici. Comme souvent, c’est une réalité économique qui a poussé l’ingéniosité Guatémaltèque à sortir de terre ! Maya Pedal est une ONG fondée en 1997, à cette époque le maïs était exporté entier et les communautés achetaient aux agroindustriels le grain moulu. Or celui-ci devient alors très cher et donc inaccessible pour la plupart des locaux. Seulement égrainer puis moudre le grain manuellement est très fastidieux et très lent. Ainsi est née la première bicimaquina, une égraineuse-moulin à maïs.

Alors elle tombe cette farine de maïs?
La moulinette.
L’atelier de Maya Pedal.

L’axe du moulin est entrainé par une chaine de vélo actionnée par le pédalier. Rapide, efficace, elle débite 100 kg de grain moulu à la journée. Reproductible, abordable financièrement, réparable à l’infini, la bicimachina libère du poids économique de l’achat du grain et de l’électricité. Les utilisateurs prennent également soins de leur santé en pratiquant un exercice régulier. C’est le kinésithérapeute qui parle.

Depuis les bici-machines se diversifient, elles font fonctionner des puits à eau, des machines à laver, des mixeurs, des moulins (café, fruit), des décortiqueurs de fruits à coques (macadamia) ou simplement produire de l’électricité telle une dynamo. Beaucoup d’autres domaines peuvent être concernés notamment dans l’outillage, tel que des scies circulaires, ponceuses et limeuses.

Marco et un moulin grand format
Bici pompe à eau
Création des sièges pour les bicimaquinas.

En effet chaque pièce d’usure peut être remplacé rapidement. Le pire cauchemar de l’industrie de l’électroménager et de leurs obsolescences programmées.

Pour construire la votre par ici les plans : http://www.mayapedal.org/machines.en

Mario David est le soudeur, le mécanicien, le réparateur de vélo, en réalité il sait tout faire. Il connaît toutes les astuces du travail en atelier et son efficacité est impressionnante. Il est accompagné par Marco, un jeune très débrouillard du haut de ses 12 ans. La mécanique vélo n’a pas de secret pour lui. Marco travaille, comme beaucoup d’enfants au Guatemala, en parallèle de l’école. Dans le cas de Marco nous sentons qu’il est vraiment motivé et qu’il passe son temps ici par intérêt. Une super ambiance s’empare de l’atelier lorsqu’ils nous expliquent leurs travaux. L’enthousiasme à partager leurs connaissances nous fait chaud au coeur.
Mario Juarez est le cofondateur de Maya Pedal et gère actuellement tout ce qui gravite autour de l’atelier.

Avec Marco et Mario en arrière plan à droite
Mario dans tout son art.
Sandrine peint le logo de Maya Pedal sur les futurs sièges des bicimaquinas.

Au Guatemala, ce genre d’outils prend tout son sens puisque l’électricité n’arrive pas dans toutes les habitations ou baraquements. Les bicimaquinas deviennent presque indispensables dans ce cas. En Europe, pour nous, c’est un pas vers une maison moins énergivore. En tout cas au Guatemala les habitants n’ont pas hésité longtemps à soutenir le projet. De nombreuses machines sont vendus à des prix très raisonnables et le carnet de commandes ne désemplit pas. Un réel engouement local a permis aux deux Mario travaillant actuellement à l’atelier de vivre de leurs constructions mécanisés.

Le plus important réside dans le fait que l’idée et la philosophie de Maya Pedal sont parfaitement intégrées et acceptées par la communauté locale, ce qui en fait sa grande force. Les habitants achètent des bici-macinas, soutiennent le projet et le font perdurer !

Au boulot!

Longue vie à Maya Pedal.

Merci Mario David, Mario Juarez et Marco pour vos apprentissages.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur: mayapedal.org

Publié par Un Tour d'Aile

Tour du monde à vélo, voilier-stop et parapente.

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